21.03.2008
C'est le printemps !
Malgré les apparences et la neige qui a recouvert le pays ce matin, nous sommes rentré depuis hier dans le printemps. Dès que Dame Nature voudra bien arrêter ses caprices, nous allons donc être obligés de ranger nos vestes Fjallraven et autres grosses parkas au placard en attendant l'hiver prochain. Se pose alors la question de quelles vestes seront à la mode pour cette nouvelle saison.
Soyons clair et net, s'il y a bien un vêtement qui revient en force cette année, c'est le coupe-vent, principalement de la marque K-way... si, si! Le K-way de notre enfance, qui se transforme en banane à accrocher autour de la taille, obligatoire pour toutes les sorties scolaires! Voilà qu'il est en passe de devenir obligatoire dans la garde-robe de tout casual qui aime le style Nord de l'Angleterre/Scally, très années 80. On le retrouve sur de très nombreux sites de vente en ligne connus de la scène.

Deux modèles tiennent le haut du pavé, fermeture éclaire totale (type veste) ou 1/4 (type poncho). Disponibles dans de nombreuses couleurs, les K-ways ont surtout la qualité d'être à un pris très abordable: pour moins de 100 francs, livraison comprise, vous devriez trouver votre bonheur. Pour ceux qui aimeraient mettre un peu plus d'argent et choisir d'autres marques, nous leur recommanderions de se tourner vers la marque Berghaus ou d'autres.
Si vous voulez éviter de ressembler à un écolier en course scolaire et que vous préférez un look plus classique, l'éternelle veste de type harrington pourrait vous satisfaire. Voilà encore un pan de la culture Mod qui a traversé le temps pour se retrouver dans la mode des tribunes. Ici, on se tournera vers la marque Baracuta pour les harringtons classiques ou vers Ralph Lauren Polo pour une version plus chic. Et plein d'autres marques encore proposent ce type de veste.

Cela signifie aussi que les vestes de type harrington pullulent de nos jours, souvent de marques très (trop?) stéréotypées (Fred Perry par exemple), avec un gros succès chez d'autres cultures urbaines. On parle ici d'un classique, avec les défauts qui vont avec: à l'intérieur de la scène, c'est une valeur sûre, mais ce choix manque d'originalité et ne vous permettra pas de sortir du lot aussi facilement. Combien d'harringtons y-a-t'il déjà à l'heure actuelle dans votre tribune? A vous de voir si vous préférez vous faire remarquer avec un K-Way, quite à attirer quelques moqueries, ou si vous préférez ne pas trop vous démarquer en choisissant une Baracuta G9.
A côté de ces deux choix, Anonymous Lad aimerait aussi attirer votre attention sur une autre mode propre à cette saison. De nombreuses marques "chic", très valorisées sur la scène casual, proposent lors de cette collection des vestes de type militaire, légère, avec de multiples poches. On parle ici de CP Company, Hugo Boss, Strellson, Barbour, etc... chacune ou presque propose ce modèle cette saison. Mais au contraire d'un K-way ou d'une veste harrington, on parle ici d'une dépense minimale de 500 francs environ, voire beaucoup plus.
Ce sont des vestes qui vont permettront plus facilement d'être accepté dans les boîtes de nuit pour les troisièmes mi-temps. Néanmoins, une telle profusion de ce genre de modèles ne peut finir que d'une seule manière: on trouvera sûrement de pâles copies, à portées de tous, chez H&M ou autre. A nouveau, ce sont sûrement des vestes fabuleuses, mais vous risquez très rapidement de vous noyez dans la masse. Hors, le casualisme n'est rien d'autre que la volonté de sortir du lot.
Voilà de quoi vous donner quelques idées pour les trois prochains mois. Et si vous voulez connaître les adresses des magasins ou les sites internet à ne pas manquer, il ne vous reste plus qu'à postuler au forum. En attendant, amusez-vous bien lors de vos matchs respectifs du week-end, en espérant ne pas les passer sous la pluie et dans le froid.
AL
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29.02.2008
La 576 a 20 ans et ça se fête!
Pour célébrer les 20 ans de son modèle M576, New Balance gratifie les collectionneurs d'un modèle commémoratif. D'inspiration vintage, le nouveau modèle reprend les couleurs et le style du modèle de 1988, ainsi que le même emballage blanc.

Ce très joli modèle, à faire saliver les amoureux de New Balance, se retrouve en vente à Hanon Shop, entre autres. Faites-vous plaisir.
AL
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21.02.2008
Entretien avec un Berlinois (3/3)
Troisième et dernière partie de l'entretien avec notre jeune ami du BFC Dynamo. Et on y parle vêtements et Helvétie. Bonne lecture!
AL : Quelles sont les principales tendances vestimentaires actuelles à l'intérieur de la scène allemande?
Berlinois: La scène garde toujours un oeil sur l'Angleterre. Les top lads allemands s'habillent comme des Anglais: k-way, 6876, Adidas Originals, Barbour, etc... Pendant ce temps-là, les chavs s'habillent avec du faux Stone Island et Aquascutum, pensant être alors des méchants garçons. Désespérant.
Avez-vous une marque locale inconnue mais fétiche ou, à l'opposé, y a-t-il certaines marques très portées à l'étranger qui dans le contexte allemand ne sont pas acceptables?
Si on revient aux années 90, il y avait Chipie, Best Company, Chevignon... d'ailleurs, je pense qu'elles vont revenir à la mode, car le trip des années 80 finira bien par se dégonfler. Aujourd'hui, tout le monde veut avoir un coupe vent Lacoste Izod, des Adidas city (München, Stockholm, etc.), des pulls Pringle, etc... et quand tout le monde veut la même chose, c'est fini.
Une marque secrète? J'en parlerais pas, car si je le fais, elle ne sera plus secrète (rires). Personnellement, j'aime beaucoup Hugo Boss, mais ne porterais jamais de Fred Perry ou de New Balance, car c'est ce que portent ici les extrémistes de droite... malheureusement! Mais j'espère que cela changera.
J'ai été souvent impressionné par tes goûts vestimentaires et ta garde-robe... pour toi, quel est ton saturday's best?
Ma parka Protection de Strellson, un pantalon en velours cottelé d'Hugo Boss, un sweat Victorinox, mes Adidas Malmö et ma casquette AJ vintage.
Parlons un peu de la Suisse... suis-tu l'équipe d'Allemagne et penses-tu nous faire un petit coucou pendant l'Euro?
NON!
Comme nous sommes voisins, et que les amitiés entre groupes allemands et suisses sont légions, as-tu une quelconque opinion sur notre scène?
Honnêtement, je n'ai entendu parler que de la "Bande Basel". Mais visiblement la scène helvétique grandit à grands pas. Je pense que ces prochaines années, ultras et casuals helvétiques vont tenir le haut du pavé. La Suisse a un grand potentiel.
Quelques derniers mots pour nos lecteurs?
Salutations aux lecteurs et visiteurs de ton fantastique blog... et préservez votre propre style, ne soyez pas de vulgaires moutons!
Nous remercions notre ami berlinois pour le temps qu'il nous a accordé et espérons que nos lecteurs ont appréciés ce petit entretien. Si vous avez envie d'en discuter, de partager avec les autres lecteurs, n'hésitez pas à nous contacter pour avoir accès au forum. A tout bientôt!
AL
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23.01.2008
Racaille ou Casual ?

Dans l'article "Casuals - la tribue perdue d'Angleterre", l'historique rappellait l'importance de la découverte du sportswear étranger dans le développement de la culture casual. Quoi de mieux que d'en présenter un petit exemple? Sergio Tacchini est chez nous associé aux rappeurs, aux jeunes des banlieues françaises et à ceux qui les singent chez nous.
Pourtant, de l'autre côté de la Manche, elle est l'une des marques les plus connues de la scène: le problème que les lads anglais connaissent avec Lyle&Scott, par exemple, se retrouvent pour une fois chez nous. Une marque associée à une autre culture jeune, que nous n'apprécions pas forcément, doit-elle être abandonnée? Si nous écrivons cet article, c'est bien que nous pensons que non.
Qui est Sergio Tacchini? Né en 1938, il devient dès 1960 champion d'Italie de Tennis. Considéré comme un maître sur terre battue, il marque la Davis Cup de son empreinte et remporte encore quelques championnats nationaux avant de se retirer. Mais surtout, Sergio Tacchini créé dès 1966 la société Sandys, qui prendra son propre nom quelques années plus tard.
L'idée de base était de créer des vêtements de tennis dans dans de nouvelles couleurs et matières, à une époque où le blanc était de rigueur. La marque gagne le devant de la scène en sponsorisant dès les années 70 de grands champions, tels que Jimmy Connors, Ilia Nastase ou John McEnroe.
Et c'est dans les années 80 que la marque rencontre alors le mouvement casual naissant, au fur et à mesure que des supporters anglais suivent les pèlerinages de leur équipe à travers l'Europe. Ce qui les intéresse, ce sont les tracktops et les polos. Mais la marque ne gardera pas toujours autant d'importance dans la scène, les modes se suivant et le look "sportif" cèdant souvent la place à une mode plus "chic".
Mais deux éléments parallèles expliquent le retour de la marque dans le coeur des casuals anglais... Premièrement, le film The Business, réalisé par Nick Love (comme Football Factory), a rappellé à beaucoup le look des regrettées années 80. Deuxièmement, nombreux sont les casuals à se tourner vers le passé pour trouver comment s'habiller aujourd'hui: la mode en Angleterre est au vintage plutôt qu'à l'innovation, comme l'illustre le succès des rééditions Adidas.
Aujourd'hui, la marque semble marquer un recul dans la culture "hip-hop", en raison de la proéminence chez eux des marques américaines et de la plus faible diffusion de l'italienne... il serait alors peut-être temps de nous y intéresser? Car en définitive, quand les multitudes anglaises traversaient l'Europe dès le début des années 80 vêtues de Sergio Tacchini, qui avait entendu parler des racailles?
AL
20:25 Publié dans Style | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
14.01.2008
Après Strellson...
Dans leur recherche perpétuelle de vêtements nouveaux, pour sortir du lot plutôt que de se fondre de la masse, les casuals anglais s'intéressent souvent à des marques insoupçonnées... ainsi, les Scandinaves sont toujours étonnés de voir comment une marque aussi "normale" chez eux que Fjällräven est considérées comme exclusive et signe extérieur de bon goût par le lad anglais.

Dernière trouvaille chez nos amis britanniques: VICTORINOX. Oui, oui! La marque qui fait des couteaux suisses! Si elle en faisait depuis plus de 100 ans, elle a décidé ces dernières années d'utiliser sa bonne image à l'étranger pour se lancer sur d'autres marchés: les montres... et les vêtements! Voilà qui a de quoi susciter l'intérêt des fashion victims des stades que nous sommes.
Ainsi, en 2001, la marque lance une première collection. Le style est innovant, se basant autour d'une image très helvétique de sérieux, qualité et précision. Les modèles sont reconnaissables à la présence à l'intérieur du col, et parfois sur le bras, de l'écusson stylisé de la Suisse - le même que l'on retrouve sur les couteaux. Comme Strellson, Victorinox utilise ostensiblement la "suissitude" comme argument de vente à l'étranger.
Le marché principal - et quasi unique - sont les Etats-Unis. Le site internet est ainsi entièrement tourné vers ce pays: tous les distributeurs officiels qui y sont nommés se trouvent de l'autre côté de l'Atlantique. Mais nos amis anglais ont commencé à s'intéresser à leurs vestes, car elles correspondent assez clairement aux critères "casuals": difficiles à trouver, qualité, lignes épurées... Et depuis peu, certains sites anglais de ventes en ligne en proposent.
Tout cela ne pouvait que susciter l'intérêt et la curiosité d'Anonymous Lad. Si nous vous en parlons, c'est que nous considérerions intéressants de réussir à en faire une marque "locale", plutôt que de la laisser exclusivement aux anglophones. C'est là la raison de cette article: tenter de récupérer une marque suisse qui nous échappe pour le moment.

Pourquoi ne pas commander une veste et être ainsi à la pointe de l'exclusivité dans votre tribune? Mais surtout, ouvrez l'oeil: si cette marque helvétique est trouvable en Suisse, faites-nous partager l'information. Il serait dommage que le mouvement local, balbutiant, rate pareille occasion, non?
AL
(1) certains modèles sont par exemple en soldes chez Milan Clothing.
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10.01.2008
Les Casuals - la tribu perdue de Grande-Bretagne (3/3)
TROISIEME ET DERNIERE PARTIE DE L'ARTICLE DE BARRY DIDCOCK. ON Y ABORDE CE QUI SEMBLE ÊTRE POUR CERTAINS LA FIN DE LA CULTURE CASUAL, ON PARLE DE LEUR TESTAMENT... MAIS ONT-ILS COMPLETEMENT DISPARUS ?
Graduellement, la mode casual s'étendit à travers l'Écosse, avec Hibernian et Motherwell comme deux autres clubs où le nouveau look rencontra le meilleur accueil. Avant que ces deux virages ne deviennent eux aussi « branchés », l'ASC avait surtout affaire à des skinheads. Avec la naissance des casuals, le nombre d'opposants doubla. Ils étaient désormais des centaines à vouloir se battre dans d'épiques batailles dans les rues d'Edinbourg, Glasgow ou Dundee.
Les Aberdeen Soccer Casuals étaient les premiers, les plus nombreux et les plus craints des bandes qui pullulaient dans le football écossais des années 80. Semaine après semaine, Rivers et ses soldats bien habillés prenaient part à des batailles avec d'autres gangs: le Capital City Service d'Hibernian, le Saturday Service de Motherwell ou parfois The Utility, une union entre les supporters des deux clubs de Dundee.
La publication du livre de Dan Rivers, réaliser à partir de notes et journaux de bord qu'il tenait à jour, marque supposément le 25ème anniversaire de la fondation de la bande, en 1980. Date bien entendu tout sauf officielle, ce n'est pas comme s'il y avait une cérémonie d'inauguration à l'époque.
Ce livre est le dernier venu d'une série qui est devenu une petite industrie éditoriale. Mais déjà, l'un des premiers livres dans le genre « mémoires de hooligan » traitait aussi de l'Aberdeen FC. Bloody Casuals, écrit par Jay Allen et publié en 1989, est encore aujourd'hui considéré comme un des meilleurs livres du genre jamais écrit, et ce même s'il ne se réédite plus.
La bibliothèque d'Edinbourg garde son unique exemplaire sous clef, parmis des livres interdits de sortie, car tous les autres ont été volés, ce qui n'est pas si rare pour ce genre d'ouvrages. Il vous faut remplir une demande officielle avant qu'une bibliothécaire vous apporte un livre fin, usé par la lecture et rempli de mots superflus: une célébration sans réserve de poings, Fila et Football.
Si la violence est la partie la moins attractive du phénomène casual, son influence sur l'industrie musicale a été plus bénigne. A la fin des années 80, les casuals avaient fondus comme neige au soleil des stades. Un facteur important a été le désastre d'Hillsborough, au cours du quel lequel 96 fans de Liverpool sont morts écrasés durant un match de Coupe.
Au lendemain de cette tragédie, le football se décida à polir son image. La police et les autorités prenaient des mesures drastiques, la culture des tribunes qui avaient engendré les casuals se retrouvait en ligne de mire. Même les tribunes elles-mêmes changeaient, après un rapport officiel recommandant la mise-en-place générale de places assisses.
Mais cela ne signifiait pas la fin de l'influence des casuals. Attirés dans les boîtes de nuit par l'explosion de la house music, les casuals se transformèrent de turbulants hooligans en fêtards joyeux grâce à une nouvelle drogue, l'ecstasy. Des groupes comme les Happy Mondays, de Manchester, dont certains membres avaient étaient casuals, prirent la mode des tribunes pour l'introduire dans les nightclubs où elle devint dominante.
Cette influence se ressent encore aujourd'hui, par exemple avec Mike Skinner, deux fois vainqueur du Mercury Prize, plus connu sous le nom de The Streets. « Il est probablement l'ambassadeur le plus visible »déclare Thornton. « Si vous regardez ce qu'il porte, ce n'est pas si différent de ce que portaient les jeunes qui suivaient Liverpool à la fin des années 70. Il a peut-être des Reebok plutôt que des Adidas Samba et un manteau Stone Island plutôt qu'un coupe-vent Peter Storm, mais le look est le même. » Le fameux Liam Gallagher, d'Oasis, en était une précédente version, bien qu'au milieu des années 90, les médias parlaient plutôt de « dingues du polo ». Les termes changent, mais l'attitude de la société reste la même.
Quand samedi dernier, Aberdeen vaincu Hibernian lors d'un important match de championnat, un simple coup d'oeil aux spectateurs vous fait remarquer que chaque jeune fan ou presque porte un échantillon de ce qu'était l'uniforme casual. Il peut s'agir d'une paire de trainers ou d'un polo Lacoste, d'une veste CP Company ou Stone Island à 1200 francs, pour les plus aisés. Les casuals ont vieillis et se sont calmés, mais dans notre siècle obsédé par les marques, leur testament se retrouve partout...
Source anglophone: FINDARTICLES.COM - Traduction: Anonymous Lad, janvier 2008.
EN ESPERANT QUE L'ARTICLE VOUS A PLU... KEEP THE SPIRIT ALIVE!
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09.01.2008
Les Casuals - la tribu perdue de Grande-Bretagne (2/3)
DEUXIEME PARTIE DE L'ARTICLE, OÙ L'AUTEUR CONTINUE DE RETRACER L'HISTOIRE DU MOUVEMENT CASUAL TOUT EN ABORDANT LES RELATIONS PLEINES D'AMBIGUITES AVEC LES MARQUES DE LUXE.

Il est généralement accepté que le mouvement casual a « Made In Merseyside » (comté où se trouve Liverpool) écrit de manière indélébile dans son ADN. De loin l'équipe britannique la plus glorieuse des années 70, Liverpool FC dominait aussi les compétitions européennes à partir de 1977. Et où l'équipe allait – Rome, Paris, Madrid –, un grand nombre de supporters la suivait, prenant au passage des vêtements sportifs introuvables en Grande-Bretagne.
A la fin des années 70, les fans adverses visitant le stade d'Anfield se retrouvaient face à des groupes de jeunes étrangement vêtu avec des hauts de trainings exotiques et de clinquantes nouvelles baskets. Plus tard, ces mêmes fans allaient adopter des vestes en tweed, des vêtements de chasseurs, tennis ou même cricket, à mesure que la mode dans les tribunes changeait.
En 1981, Liverpool gagna leur troisième finale de Coupe d'Europe, battant le Real Madrid à Paris. Hooton était du voyage et, comme des milliers d'autres fans, traversa la Manche en ferry le week-end précédent. En même temps que du football, il avait des chaussures de sport à l'esprit: une rumeur s'était répandue sur l'existence d'un magasin parisien s'appelant le Centre Adidas qui vendait des trainers introuvables ailleurs.
C'était le Saint-Graal pour Hooton et des centaines d'autres casuals. Ils passèrent le week-end à chercher le fameux magasin... « C'était un mythe. Je pense qu'il n'a jamais existé » dit-il. « Mais lundi midi déjà, tous les magasins de sport de Paris avaient soit fermé, soit avait des videurs à l'entrée ».

Les marques tant aimées par les casuals sont rarement aussi enthousiastes vis-à-vis de ce lien. « Tu as toutes ces marques comme Prada, Burberry, Armani, et elles ne veulent rien à voir avec tout cela à cause du lien avec la violence footballistique » dit Hewitt. « Mais d'un autre côté, elles font des millions de livre grâce à cela. »
Examinez l'industrie du vêtement et vous trouverez des opérations marketing rapportant des millions en comblant la faim pour les chaussures et vêtements de sports qui résultent directement de l'amour des casuals pour ces marques. Les présentoirs de chaque magasin de sport croulent désormais sous le poids de rééditions de vieux modèles comme les Adidas Stan Smith ou les Puma G Vila.
Le mois dernier encore, le chef exécutif de Burberry, Rose Marie Bravo, déclarait encore que l'adoption de la marque par les « Chavs » n'avait « probablement pas aidé » à l'amélioration des ventes en Grande-Bretagne...
Certains commentateurs ont essayé de caricaturer l'adoption par les casuals de marques comme Pringle, Aquascutum ou Barbour, comme une volonté d'ascension sociale. « J'ai toujours pensé que c'était des conneries » déclare Thornton. « Essentiellement, la plupart des casuals sont des esthètes. Ils s'intéressaient à l'aspect des vêtements, et tout simplement ces marques-là étaient les plus sympas. »
Il n'y a jamais eu le moindre mot sur une volonté de changer la hiérarchie sociale. « Je pense que le 'dandy' a été un modèle récurrent à travers la culture juvénile britannique. Il y a toujours eu cette obsession de la classe ouvrière pour la mode et de ne pas se laisser intimider. Tu t'habilles d'une manière qui te catégorise comme quelqu'un de spécial. »
C'était cette obsession des marques qui aide le mouvement casual à s'enraciner dans la première ville d'Écosse, Aberdeen. Dan Rivers considère que le moment clef qui détermine la formation des Aberdeen Soccer Casuals est le match de Coupe d'Europe entre l'équipe écossaise et Liverpool en Octobre 1980: « ce jour-là, une partie des supporters visiteurs a été vue habillée avec du sportswear branché, des vestes de marques et des trainers haut-de-gamme, plutôt qu'en traditionnel uniforme de supporter, des vêtements normaux décorés avec les couleurs de l'équipe. »
Inspirés, quelques fans d'Aberdeen reprirent le flambeau et étaient bientôt entrain de parcourir le pays pour trouver des vêtements rares, ou juste chères. Comme les casuals de Liverpool, ils ont aussi eu leurs excursions européennes – lors de la Coupe des Coupes 1983, Aberdeen disposa du puissant Bayern Munich et du plus plus puissant encore Real Madrid lors de la finale à Göteborg.
L'année suivante, dans la même compétition, ils ne furent éliminés que par Porto en demi-finales. Allemagne, Belgique, Suède, Hongrie, Portugal, etc... pendant plus de deux ans, les fans d'Aberdeen visitèrent tous ces pays, et au contraire des pauvres casuals de Liverpool, nombreux étaient ceux qui avaient le porte-monnaie garni par l'industrie pétrolière pour financer leurs achats de vêtements...
PUBLICATION DE LA TROISIEME ET DERNIERE PARTIE DEMAIN!
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08.01.2008
Les Casuals - la tribu perdue de Grande-Bretagne (1/3)
COMME PROMIS HIER, LA PREMIERE PARTIE DE LA TRADUCTION DE L'ARTICLE DE BARRY DIDCOCK. LE TEXTE ORIGINAL FUT PUBLIE LE 8 MAI 2005 DANS LE TRES SERIEUX THE SUNDAY HERALD. UNE VERSION ANGLAISE DU MÊME EST FACILEMENT TROUVABLE SUR LE NET, POUR CEUX QUI SERAIT INSATISFAITS DE LA TRADUCTION "MAISON". BONNE LECTURE!

C'était les jours où la soif de violence s'unissait avec l'amour de la mode, les jours où des fans d'équipes de football rivales s'affrontaient dans de sanglantes batailles, les jours qui ont formé l'un des mouvements juvéniles les plus controversés, dont l'impact durable a été effacé de l'histoire par des commentateurs sociaux incapables de lui donner un sens.
L'ampleur du mouvement casual – et ses effets sur l'Écosse, plus particulièrement sur Aberdeen – est rappelé dans « Congratulations, You Have Just Met The Casuals », un nouveau livre qui essaye d'amener de la lumière sur le phénomène, même s'il ne remplacera pas les livres d'histoire. (1)

Son auteur, Dan Rivers, est un ancien membre des reconnus Aberdeen Soccer Casuals (ou ASC). Ses récapitulations de batailles de rues ou de tribunes ne changera pas l'esprit de ceux qui ont décidés il y a longtemps déjà que les casuals ne méritaient pas une analyse culturel.
Mais désormais il y a un petit mais grandissant nombre de voix qui clame que l'héritage du mouvement casual ne peut pas être si facilement caché, qui opine qu'il peut être trouvé dans chaque rue de chaque ville en Grande-Bretagne, que son impact dans la conscience populaire continue d'affecter la perception de la jeunesse par la société, que son influence peut se ressentir sur la musique que les jeunes écoutent ou la manière dont ils s'habillent.
Pour Stuart Cosgrove – exécutif à la télévision et dévoué fan de football – les casuals sont la grande sous-culture cachée de Grande-Bretagne, car haïe par tout le monde. « La majorité des fans de football souffrent de leur violence, les sociologues ne trouvent rien à dire d'intéressant sur eux et les marques qu'ils portent, comme Burberry ou Stone Island, aimeraient juste les voir disparaître. » Il continue: « Au contraire des punks ou des mods, personne ne théorise sur eux. Les académistes devraient apprendre à les aimer. »
Le mouvement commence à la fin des années 70, plus particulièrement quand les fans de Liverpool suivirent l'épopée de leur équipe préférée à travers l'Europe et ont été exposé à des modes ignorées jusqu'alors en Grande-Bretagne. Prennez des marques comme Fila, Lacoste, Burberry et Kappa, ajoutez un goût pour les bagarres, et vous avez créé une nouvelle culture juvénile.
C'était, selon le commentateur culturel, ancien journaliste à NME et biographe d'Oasis, Paulo Hewitt: « une des plus grandes jeunes cultures prolétarariennes de tous les temps, mais parce qu'elle se déroulait dans les tribunes des stades de football (qui étaient à ce moment le refuge exclusif de la classe ouvrière) plutôt que dans les universités ou les écoles artistiques, elle a été très largement inexplorée par les médias ».
L'auteur Phil Thornton, ancien casual de Manchester United, fatigué de lire des ouvrages sur les cultures urbaines anglaises ou le sens de la mode anglais dans lesquels les casuals n'avaient le droit qu'à une phrase ou petit paragraphe, fini par mettre sur papier sa propre version du mouvement, simplement appellé Casuals. « Vous avez beaucoup de choses écrites sur les punks ou les mods, mais il n'y avait rien du tout sur les casuals » dit-il.
Comme pour chaque sous-culture juvénil, l'appartenance au mouvement était déterminée par les vêtements. « Cela n'a même pas été couvert par les magazines de modes » déclare Peter Hooton, ancien leader du groupe d'indie-rock The Farm, qui éditait aussi un influent fanzine de football – The End – au début des années 80.
Dans ces pages, Hooton se moquait de la violence qui devenait alors une partie intégrante du football britannique, mais il était par d'autres aspects un parfait membre du mouvement casual. Il ne créa pas son fanzine The End pour tracer les grandes lignes d'une nouvelle culture urbaine, il était avant tout un fan de football, mais le rejet grandissant d'un mouvement purement prolétaire l'inquiétait.

« Je me souviens que Kevin Sampson (manager du groupe et désormais écrivain) avait écrit pour The Face – magazine anglais très connu – un article sur les casuals qui n'avait pas été retenu. Ils disaient que le sujet n'avait aucun intérêt. Telle était leur attitude ».
Hooton se souvient de son premier contact avec le casualisme: « ce type débarque dans un pub de Liverpool, en 1978 ou 1979, avec aux pieds une paire de chaussurse de sport à scratch. Tout le monde était intéressé. On lui a demandé d'où elles venaient et il a justé répondu 'de Suisse'. Et voilà... »
PUBLICATION DE LA DEUXIEME PARTIE DEMAIN!
(1) l'article de Barry Didcock est publié par The Sunday Herald à l'occasion de la sortie de ce livre.
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26.12.2007
Des carreaux et encore des carreaux

La semaine dernière, nous vous présentions avec Lyle&Scott, une marque écossaise de tricot, liée au golf. Cette semaine, c'est au tour d'une de ses cousines, écossaise, spécialisée dans le tricot, liée au golf... Pringle Of Scotland. Et les ressemblances entre les deux marques sont nombreuses.
Tout comme Lyle&Scott, l'histoire de Pringle commence au XIXème siècle à Hawick, ce fameux centre industriel écossais du tricot : la marque est fondée en 1815 par messieurs Waldie, Pringle et Wilson. A travers les années, seule la famille Pringle reste dans l'entreprise et la marque reste encore aujourd'hui une possession familiale.
Comme Lyle&Scott, Pringle arrive sur la scène casual dans les années 70. C'est la publicité faite sur les parcours de golf par les champions d'alors, Tony Jacklin, Jack Nicklaus ou encore Gary Player, qui explique le phénomène. Depuis lors, les goûts n'ont pas changés: Pringle, ce sont des pulls - souvent à carreaux - avec col en V.
Comme Lyle&Scott, les vêtements Pringle ont connu un fort recul dans les années 90, avant de reconnaître un renouveau depuis peu. Mais ce retour en force ne se passa pas dans la seule scène casual et la marque fut adoptée par les jeunes suivant le renouveau rock, ou encore les petits intellos des écoles artistiques britanniques.
Cela n'empêche que Pringle reste une marque fortement liée aux tribunes, particulièrement au sein de ceux qui privilégient le "vintage" et qui aiment garder un lien avec le passé. Malheureusement, la marque est encore une de celles qui ne sont pas distribuées dans nos contrées. D'un autre côté, cela permet à celui qui se déniche un pull Pringle de bénéficier d'une certaine exclusivité...
Joyeuses fêtes,
AL
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19.12.2007
Du Old School à la mode
Peu connue chez nous, mais très répandue dans les tribunes dans les années 80, Lyle & Scott a fait un retour en force ces dernières années sur la scène casual. Malheureusement, ce retour en grâce est tellement fort que la marque commence à devenir trop courrante en Angleterre, repoussant dès lors les plus pointilleux des casuals. Cela ne devrait pas pour autant repousser les amoureux helvètes de la marque.
Tout commence en 1874, dans la petite ville d'Hawick en Ecosse. La région est déjà reconnue depuis plus d'un siècle comme la principale place industrielle dédiée au tricot de Grande-Bretagne. William Lyle et Walter Scott emprunte un millier de livres afin d'ouvrir leur propre petite usine dédiée aux sous-vêtements et bonnets de luxe. Ce n'est qu'en 1926, sous la pression de la mode et des impératifs de survie économique que la marque Lyle & Scott se lance dans les vêtements d'extérieurs tricottés.
En 1967, Lyle & Scott commence à s'intéresser au monde du golf. Pour marquer cette première collection, la marque se trouve un nouveau logo: l'aigle doré. Le ton est donné et le chemin du succès est tracé: polos, pulls avec col en V, logo distinctif... Trois éléments à garder en tête quand on s'intéresse à la marque. Et c'est ainsi que la marque arrive dans le monde des tribunes dans les années 80.
En 2000, la marque retourne vers ses origines et sort alors une collection Vintage: c'est le déclic, et la marque revient en force dans les tribunes et dans la mode anglaise en général. Comme souvent ces dernières années, le mouvement casual a du mal à garder l'exclusivité de certaines merveilles. En corrélation le retour en grâce du rock en Angleterre, avec un look très marqué des groupes, Lyle & Scott fait le bonheur de beaucoup de fashions victims et autres parrotheads.

La Suisse n'étant pas la Grande-Bretagne, nous ne connaissons pas les mêmes problèmes de "récupérations" et pouvons donc dès lors profitez totalement de ce très joli label. Par tradition, on s'intéressera aux polos et aux pulls avec col en V. De même, la collection Vintage est la seule à avoir nos faveurs.
La marque n'est pour le moment pas distribuée en Suisse, sauf un peu de vêtements de golf dans des magasins spécialisés. Néanmoins, pour les intéressés, elle est facilement trouvable sur internet. Pour information, sachez que le design est plutôt moulant, taille donc petit, et qu'il vous en coûtera un peu moins de 100 francs pour un polo, 165 pour un pull.
Peut-être que Lyle & Scott sera la marque à la mode chez nous en 2008.
AL
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